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Cannes, le bonheur force 10

Cannes, le bonheur force 10

le 26/04/2021
Au terme d’une finale indécise, bouleversante et intense, l’AS Cannes a renversé Chaumont, pour décrocher son dixième titre de champion de France, seize ans après. Luc Marquet, son entraîneur,...
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Au terme d’une finale indécise, bouleversante et intense, l’AS Cannes a renversé Chaumont, pour décrocher son dixième titre de champion de France, seize ans après. Luc Marquet, son entraîneur, quitte les lieux en grand seigneur.

 

Il y a des instants de grâce, des moments indélébiles, gravés dans le marbre à jamais. Ce dixième titre de champion de France est un de ceux-là, sans aucun doute, pour l’AS Cannes. Menés 1-0, après le match aller, les Cannois ont fait tomber Chaumont au terme d’un week-end irréel et presque invraisemblable. Poussés par une foi incroyable, une flamme jamais éteinte, sans cesse attisée par un immense espoir et une combativité infaillible tout au long de la saison, les Dragons ont renversé le CVB 52 au set décisif, samedi d’abord, pour revenir à 1-1, puis dimanche, pour poser le plus majestueux point final de la saison.

 

Car, c’est bien là l’une des vertus majuscules de ce groupe azuréen cette saison : jamais battu, toujours vivant, toujours croyant. Avec douze victoires au tie-break sur les vingt-six au total, l’AS Cannes a traversé des champs de mine, a sauté sur un pied, a contourné tous les pièges cette année. Et ses Play-Offs sont le plus magnifique symbole de sa rage de vaincre, avec cinq victoires au set décisif sur six ! Comme si ce groupe ne s’exprimait pleinement que dans le dernier souffle, la souffrance, il a joué et gagné cette finale sans le meilleur central du championnat, Taylor Averill ! Il a joué et gagné son dixième titre de champion seize ans après le dernier, est devenu le n°1 du volley-ball français en nombre de sacres, après avoir mis un pied au bord du précipice et défendu trois balles de match dans le quatrième set dimanche !

 

Pour Chaumont, le coup est très rude. Forcément. Avec l’arrivée en grande pompe de Filippo Lanza en cours de Play-Offs, le CVB 52 était configuré pour les hauts plateaux. Après avoir bouté le leader de la régulière, Montpellier, en demi-finales, les Hauts-Marnais paraissaient lancés. La confiance était là et l’ambition décuplée. Même l’échec sur le retour samedi (3-2), malgré les 30 points de Osniel Mergarejo, n’avait pas fissuré les idées chaumontaises. L’AS Cannes avait été vaillante, portée notamment par un Kevin Rodriguez magnifique au centre, en l’absence de Taylor Averill (17 pts dont 5 contres).

 

La finale se jouerait donc sur un match, un dernier dimanche d’une saison pas comme les autres. Et Chaumont passait tout près, si près. Impériaux durant deux sets, avec une attaque sans faute, les hommes de Silvano Prandi avaient encore pris le large et l’on se disait que cette fois, Cannes n’y survivrait pas. Et pourtant, une fois encore, les Dragons allaient se lever, rager, brûler les espoirs chaumontais. C’est d’abord Adrian Aciobanitei qui sonnait le tocsin (16 pts à 62%). Puis, d’un coup, c’est tout Cannes qui se levait ! Remodelée, reconstruite, repensée depuis plusieurs années, sous l’inspiration d’un président audacieux et volontaire, Jérôme Rousselin, et les coups de crayon de l’entraîneur précédent, Arnaud Josserand, qui traçait les premiers traits de la nouvelle ligne, l’AS Cannes restait encore à bâtir. Mais ce dimanche, elle avait déjà l’âme d’une championne.

 

Chaumont eut beau tout y mettre, s’offrir trois balles de match, dont deux consécutives à 22-24 dans le quatrième set, Cannes restait debout. Jérémie Mouiel défendait le terrain comme un damné, Adrian Aciobanitei servait pour survivre et Lincoln Williams, homme du match (30 points à 62% et MVP) terminait l’ouvrage. A deux manches partout, l’histoire avait des airs d’épopée. Mais il était écrit que Cannes, encore, s’en sortirait. A 8-8 dans le tie-break, le ciel d’un coup s’est ouvert. Les Azuréens scoraient six points de suite. Le Palais des Victoires portait magnifiquement son nom et l’AS Cannes en était le plus digne des hôtes.

 

Pour la troisième fois d’affilée en quatre finales de rang, Chaumont butait sur le dernier obstacle. Satanés détails qui vous privent du bonheur alors qu’il vous frôle. A l’autre bout du terrain, Luc Marquet serrait ses joueurs dans ses bras, ému, en larmes. Grand surtout. En quatre saisons, mais surtout vingt-sept derniers mois à la tête de l’équipe, l’ancien international a accompli le «truc» le plus incroyable de sa jeune carrière d’entraîneur. Il pouvait alors quitter la scène cannoise, l’esprit serein, le bonheur au fond du sac. «C’est un truc de dingue, un cadeau que les joueurs me font, je les remercie d’avoir tout donné jusqu’au bout et d’avoir accepté de me suivre», disait-il pour orner une aventure que ni lui ni l’AS Cannes n’oublieront jamais.

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