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ligue nationale
de volley

Zeljko, le dé Tours d’une vie

le 18/03/2026
Capitaine et passeur emblématique du TVB depuis six saisons, Zeljko Coric est l’âme et l’esprit du champion de France en titre, qui partira avec le dossard de tête de série n°1 lors des phases finales de Marmara SpikeLigue.
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Son accent du canton de Zenica-Doboj vous enveloppe en quelques mots et semble donner plus de relief et de vie à chaque histoire qu’il conte. Zeljko Coric, 37 ans, capitaine du navire tourangeau sur le pont duquel il a posé le premier pied à l’aube de la saison 2020-2021, a déjà allègrement rempli la malle aux souvenirs. Et l’aventure n’est pas terminée. Avant l’ultime journée de la phase régulière de Marmara SpikeLigue, Tours a fait le job en championnat. Sous les mains habiles et les inspirations très souvent justes de son passeur bosnien emblématique, le TVB a déjà pris place dans le premier baquet pour les phases finales, avant même de clore le premier tome de la saison, samedi face à l’Arago Sète.

Pour autant, cela ne mène nulle part. Pour l’instant. Si ce n’est à la certitude de disputer les Play-Offs jusqu’au bout avec l’avantage du terrain et Grenon comme abri. Mais cela ne saurait suffire à Zeljko et ses hommes, évidemment. «Premier au classement, ça ne nous sert à rien, si on ne gagne pas le titre. Depuis mon arrivée et jusqu’à mon dernier jour ici, l’objectif du club est de gagner des titres», résume le passeur de Touraine d’un trait bien droit.

Certes, il y a bien la Supercoupe déjà, glanée face à Tourcoing (3-2) en novembre dernier au bout d’une nuit folle, terminée par le départ du coach d’alors, Mladen Kasic. Mais, là non plus, ce trophée n’offre ni entière satisfaction ni plénitude au décuple champion de France et tenant du titre. Tours est une terre vive où les vibrations du succès résonnent en permanence. Une terre riche, retournée après chaque trophée pour en ensemencer d’autres. Zeljko le sait mieux que quiconque, lui qui, en six saisons en Touraine, comptabilise deux titres nationaux (2023 et 2025), une Coupe de France (2023), deux Supercoupes (2023, 2025) et une récompense individuelle avec le titre de meilleur passeur du championnat (2023) !

Pour Zeljko, le TVB, c’est le lancer gagnant, le six au dé Tours d’une vie. Passé par la Serbie, la Bosnie, l’Autriche, la Belgique, la France, la Biélorussie, le Liban, avant d’être convié par Pascal Foussard a posé son talent en Touraine, le passeur a ciselé son jeu à travers le monde. Il a mis au calme le jeune passeur physique un peu fou, qui rêvait de strass et de paillettes, pour en faire un guide, intransigeant avec lui-même et ses coéquipiers, qui a fini par comprendre qu’il pouvait être au centre de la scène sans la lumière. «A un moment donné, tu te retrouves dans ta magie, sans savoir ce que tu vas faire, ni tes coéquipiers. Jeune, j’étais un passeur comme ça, prometteur, avec du talent, les médias autour. C’était très facile de perdre la tête et le pas avec la réalité. Il fallait que je trouve la connexion avec mes coéquipiers. Cela vient avec l’expérience, au fil du temps. Aujourd’hui, je n’aime pas quand la lumière est sur moi. Cela veut dire que ça ne fonctionne pas bien. Mais J’aime avoir le destin entre mes mains, savoir que j’ai les armes pour faire fonctionner la lumière», résume-t-il joliment. Au-delà du joueur, ce tour du monde a aussi fait grandir l’enfant de Bosnie en tant qu’homme. Une richesse insondable. «Ce bonheur, vivre dans ces pays en apparence si différents, découvrir ces cultures différentes», raconte Zeljko. «Ça m’a permis de de voir combien on était aussi similaires en fait. Des humains, avec des désirs, des envies, des défauts, des qualités.»

A 37 ans, le Bosnien sait bien que le «prime» est passé. Mais il reste un passeur au corps féroce et au mental d’airain. «Tu perds en physique mais tu gagnes en mental. Et j’ai plus gagné dans ma tête que je n’ai perdu dans les jambes», assure-t-il, dans un sourire. Et puis, il y a encore de belles choses à accomplir dans les semaines qui viennent. Pour clore comme il faut une saison qui traîne son petit lot de désillusions, avec cette défaite en demi-finales de Coupe de France face à Nice et cette élimination prématurée de toutes Coupes d’Europe lors du dernier match de poule de Ligue des Champions, face à Ljubljana. «Ici, les ambitions sont plus élevées. Ce que je cherche, c’est l’occasion de gagner. Si on a l’envie et qu’on trouve l’équilibre en évitant les oscillations de jeu, on aura cette occasion», prédit ainsi Zeljko.

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