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«On sera différent des autres clubs de Ligue A»

le 18/06/2026
Porté par son président-joueur, David Guelle, Royan est allé au bout de la longue aventure en Ligue BM, grâce à un groupe soudé et un état d’esprit sans faille. Les Pirates vont découvrir la D1 la saison prochaine pour la première fois de leur histoire.
lnv

Est-ce que la montée en première division était un objectif visé en début de saison ?  
On venait de faire dernier de Ligue BM la saison précédente, pour notre deuxième saison à ce niveau. Et la première, on avait fait troisième. Du coup, je m'étais dit, si on tape au milieu de tableau, ça sera déjà bien. En revanche, je savais qu’on avait tout mis en place, avec une bonne équipe aussi. On a commencé à y croire doucement au fil de la saison.

A quel moment avez-vous vous commencé à y croire ?

Déjà, à la fin de la première phase, on est troisième, en ayant eu quand même pas mal de blessés. Mais à ce moment-là, on se disait seulement qu’on allait faire une bonne saison. En revanche, quand on est deuxième à la fin de la deuxième phase et qu’on a la possibilité de passer devant Martigues en les battant, là on s’est dit : «ben, pourquoi pas !»

Selon vous, qu’est-ce qui a fait la force de Royan cette saison ?

Pour moi, c'est l'état d'esprit du groupe. On avait vraiment un groupe ultra soudé, où il n'y a jamais eu aucune différence entre titulaires, remplaçants, jeunes, vieux. On a aimé vivre cette aventure ensemble. C'est ce que j'ai essayé d'instaurer en tant que président. J’ai beaucoup fait attention à la vie de groupe. La mayonnaise a pris. C’était ma quinzième année de carrière et vraiment, il n’y a que deux fois où j'ai eu un groupe tel que celui-là. Très vite, j’ai dit aux gars : «On a un groupe hyper bon, profitez ! Si on peut aller chercher le titre, ça ne se représentera peut-être pas avant cinq, six ans.» Du coup, on y a cru et on se l’ait dit. Est-ce qu'on veut vraiment monter ? Tous ont dit oui.

C’est une ascension assez vertigineuse pour votre club, après avoir déjà accédé à la Ligue BM en 2023 ! Royan a-t-il les capacités structurelles pour exister en première division ? 

Déjà, quand on est montés en Ligue BM, on venait de monter en Nationale 1 l’année d’avant ! Pour moi, oui, Royan a complètement les moyens d’exister en D1. D’abord, c'est une chance pour la ville d'avoir un club pro, parce qu'il n'y avait jamais eu de club pro avant. Du coup, notre salle est à guichets fermés tout le temps. La salle est très bien pour de la Ligue B ou de la Ligue A, même si c’est sûr que ça ne sera pas la plus grosse. Toute la ville est derrière nous. Les politiques sont derrière nous, les sponsors. On a fait un gros boulot. On sera différent des autres clubs de Ligue A, mais moi j'aime bien être différent. Alors, ça ne me dérange pas. Pour moi, on n'est pas obligé de fournir exactement le même produit que les autres clubs. On peut avoir notre identité à nous et que ce soit quand même un beau spectacle.

En quoi Royan sera différent des autres clubs de Ligue A ?

Déjà, on va refaire le sol de la salle avec un Taraflex noir qu’on sera les seuls à avoir. Chez nous, les joueurs chantent l'hymne des Pirates (surnom de l’équipe) avant de rentrer sur le terrain. On a une chanson à nous. On a essayé de construire notre univers, il y a une vraie et forte identité. Les joueurs, quand ils terminent leur contrat, ils veulent rester à Royan l’été. Ils se sentent bien. A la fin de la saison, aucun joueur ne voulait partir. C'est nous qui avons dû dire : «On va se séparer de toi.»

Justement, hormis vous qui stoppez votre carrière de joueur pour vous consacrer pleinement à la présidence, quelle sera l’ossature de l’équipe la saison prochaine ?

 On va garder six joueurs. Déjà, il y a le capitaine, Gauthier Bonnefoy, qui lui aussi arrête sa carrière. Moi, je savais que c’était ma dernière. On aura forcément le plus petit budget de la Ligue. Pour moi, il n'y a que le supplément d'âme qui peut te faire gratter quelques places. Pour ça, il faut des joueurs qui soient aussi amoureux du club. Par exemple, on a décidé de garder le pointu (Cheikh Diop) qui n'a jamais joué en Ligue A comme titulaire. Je sais qu'il a les capacités à se transcender, que c'est quelqu'un qui va mouiller le maillot et qui n'abandonnera jamais. On se renforce aussi avec Max Hervoir, qui est un Royannais, qui est né ici. Après, on va aller chercher un passeur un peu plus expérimenté. Quand il y a un groupe qui est déjà bien soudé, il a envie d'intégrer les autres. Je voulais garder une grosse ossature.

Sous la direction d’un nouveau coach, Guillaume Recurt, sans expérience de coach principal en Ligue A ?

C'est pareil. J’ai dit à Greg (Grégory Alleix), qui était notre coach depuis trois ans : «On va changer de cycle». Du coup, il passe assistant coach et responsable du centre de formation et il a dit oui tout de suite ! «Le projet ici, tu me mets où tu veux, on va y aller ensemble». Guillaume, il a mon âge, je le connais depuis longtemps. Je voulais un coach français. Chez nous, 100 % de nos joueurs sont francophones jusqu'à présent et ceux qui parlent un peu moins bien français, on leur paye les cours de français. Pour moi, c'est important pour la cohésion. Guillaume est un formateur et c'est très bien car les joueurs sur qui on fait des paris vont devoir aussi progresser durant la saison.

Comment avez-vous géré ces saisons en tant que président-joueur ? C’est une double casquette assez singulière !

Franchement, bien. Je n'ai pas eu l'impression d'être le président. Je ne prenais pas trop la parole en tant que président avec les joueurs. Quand je m’adressais à eux, je leur parlais en tant que joueur. J’ai changé de club tout le temps, j'étais toujours à dire que tous les clubs c'était de la merde. J'étais ingérable. Là, du coup, les conditions que je fixais à mes joueurs, c’étaient les miennes aussi. C'était hyper stimulant et je voulais que ce soit bien. Après, c'est beaucoup de travail, beaucoup de temps sur des domaines totalement différents. Toute la journée, tu travailles pour trouver des sous, faire de la politique et le soir ou l'après-midi, tu finis par un entraînement avec tes copains. Franchement, j'ai adoré !

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