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ligue nationale
de volley

Le bon vent d’Eva

le 05/03/2026
Arrivée à Béziers l’été dernier, la centrale des Bleues, Eva Elouga, réalise une saison pleine et veut croire que les Angels ont une carte à jouer en Play-Offs de Saforelle Power 6.
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A trois journées de la fin de la saison régulière, Béziers est déjà au port. Au terme d’une traversée pas toujours étale, mais effectuée sur une mer de conviction et d’ambition. C’est du moins ainsi qu’Eva Elouga, la centrale en chef de l’escouade de Fabien Simondet, résume ces cinq mois d’exercice, qui ont porté le club biterrois à la sixième place du classement. Un acquis minimum, d’ores et déjà, qui lui garantit un ticket direct pour les Play-Offs, tandis que le RC Cannes n’est plus qu’à deux petits points devant, avec un match supplémentaire à disputer cependant. N’empêche, pour Eva, les comptes sont plutôt bons. «On est qualifiées pour les Play-Offs directement, on est en train de récupérer certaines joueuses. On a eu des débuts un peu difficiles, mais on a su trouver notre rythme. L’un des objectifs était d’entrer en Play-Offs. On l’a rempli pour l’instant», avance la centrale de l’équipe de France.

Mais après cela, l’idée n’est certainement pas de mettre les mains derrière la tête. Dans une Saforelle Power 6 tenue par Mulhouse depuis le début de saison, Béziers n’entend pas pour autant faire allégeance. «Les Play-Offs sont un autre championnat. C’est vrai que Mulhouse a dominé la saison jusqu’ici, mais on a montré qu’on pouvait jouer contre ces filles en allant au tie-break (défaite 3-2 à domicile). Il n’y a aucune équipe dans ce championnat où on se dit : «C’est impossible, c’est injouable». On n’est pas à l’abri que Béziers fasse le job», lâche-t-elle dans un sourire carnassier.

A 26 ans, Eva est pleinement légitime à penser cela. Arrivée dans l’Hérault l’été dernier, quand le Pays d’Aix-Venelles a périclité après dix-neuf années au plus haut niveau, la centrale parisienne d’1,91 m semble entrer dans la phase de maturité de son jeu. «Je ne dirais pas que je suis à pleine maturité, mais je me sens beaucoup plus à l’aise», confesse-t-elle. Passée par toutes les étapes de l’apprentissage à la française, l’ancienne nageuse, arrivée sur le tard, à 14 ans, au volley, a dû longtemps batailler pour gratter du temps de jeu qu’on ne donne pas aisément aux jeunes joueuses françaises.

Aujourd’hui, la quart-de-finaliste du dernier championnat du Monde est clairement sous le bon vent. 16e scoreuse du championnat avec 10,7 points de moyenne, elle est surtout la n°1 française de la catégorie ! Troisième contreuse de la Ligue en moyenne (3,2 contres par match), auteure de 33 aces (n°1 ex aequo avec Katelyn Evan et Katarina Budrak), Eva vit une saison pleine. «Ces marqueurs de stats sont importants», dit-elle, sans se cacher. «L’année dernière, j’avais fait une bonne saison, puis Aix a disparu. J’avais à cœur de confirmer. Les centrales n’ont pas énormément de ballons, mais la connexion est bonne dans cette équipe. On arrive à optimiser le potentiel de chacune pour faire performer l’équipe et c’est pour cela que je performe individuellement. Ce n’est pas moi qui me fais briller, c’est toute une équipe et un staff», explique-t-elle.

Et tout cela arrive finalement assez naturellement. Dans l’élan d’un championnat du Monde en Thaïlande qui lui a ouvert les portes du grand monde. «J’ai vécu une expérience de dingue», clame Eva avec enthousiasme, après avoir difficilement vécu sa non-sélection pour les J.O. de Paris l’année précédente. «C’était une manière de montrer que ces Mondiaux étaient pour moi», sourit-elle. «Cesar (Hernandez, le sélectionneur) a montré qu’il me faisait confiance et ça change beaucoup de choses quand tu ressens la confiance d’un coach. Tu peux t’exprimer à 100% sans craindre quoi que ce soit. J’ai hâte de retrouver les filles à la fin du championnat. Dans ce groupe, on s’entend toutes bien, la cohésion est top sur et en-dehors du terrain. On a passé un cap et ce n’est que le début pour cette équipe. Il y a vraiment une dynamique qui est en train de se lancer.» Et Eva est clairement sous le bon vent.

lnv