Mulhouse, la triple couronne

SAFORELLE POWER 6 (Finale retour)
C’est une apothéose, un épilogue grandiose au terme d’une incroyable histoire contée avec talent et maîtrise d’un bout à l’autre de la saison. Vendredi soir, en son Palais des Sports où Mulhouse ne sera donc jamais tombé cette année, le VMA s’est offert un troisième titre de champion de France, après ceux décrochés en 2017 et 2021. Vainqueur de la finale retour face au double tenant du titre Levallois Paris (3-1), les Alsaciennes sont montées sur le trône, après s’être adjugées, une semaine plus tôt, la première manche en Ile-de-France (2-3).
C’est un sacre comme une consécration. Celle d’une équipe qui a pesé de tout son poids collectif, de tout son talent offensif, de toute sa discipline défensive tout au long de la saison. Un seul revers à la régulière (au Cannet), une défaite (à Bordeaux Mérignac) et une grande frayeur en ouverture des Play-Offs. Mais autour, un champ de domination, une supériorité avérée, affirmée sans cesse sur le parquet par un groupe mulhousien quasi inébranlable cette année.
Levallois Paris rêvait de conquérir un troisième titre de rang. Il en est quitte pour admettre la prise de pouvoir d’un VMA qui a tout raflé cette saison. Car, au-delà du titre de champion de France, Mulhouse n’a rien laissé dans l’Hexagone. Pas une miette sous le tapis. Supercoupe, Coupe de France, championnat : Mulhouse a réalisé un triplé inédit dans l’histoire et Léa Soldner, sa capitaine et libéro emblématique, pouvait quitter la scène le cœur léger et les larmes lourdes, sur un 435e et dernier bal sous le maillot mulhousien extraordinaire.
Pourtant, les Mariannes avaient mis du cœur et de l’intensité d’entrée. Sans craindre les cris d’amour de 3600 spectateurs enfiévrés, Levallois Paris infligeait un 10-0 comme une gifle au cœur du premier sert et était prêt à renverser la table. Mais Mulhouse trouvait les ressources, et Gretell Moreno, sa passeuse, le bras fort d’Alondra Vazquez (14 pts dont 6 dans le 2e set) pour revenir à hauteur.
L’histoire était en marche. La centrale américaine, Kjersti Strong (16 pts dont 4 contres) poussait les Mulhousiennes dans l’en-but du troisième set. Dans le 4e, la bataille devenait dantesque, avec des défenses féroces de part et d’autre. La jeune pointue francilienne, Cyrielle Depie (22 pts dont 4 contres), y mettait tout son cœur vaillant, mais le VMA avait la réplique et les doigts sur la gloire. Les Mariannes étaient détrônées, Mulhouse pouvait coiffer la couronne le plus légitimement du monde, au terme d’une saison où il fut un cran au-dessus de la meute.
